mardi 25 mai 2010

Mondial 2010: Déferlante verte et blanche sur Tourbillon

6000 à 7000 supporters algériens étaient présents dimanche à Tourbillon pour aduler leurs stars. Ferveur, exubérance, tension... reportage au milieu des Fennecs.
 
Ils s'appellent Riad, Nesrine, Foued, Djamel, Fouzi, Yazid et Rahim. Ils viennent de Neuchâtel, Montreux, Genève mais aussi de Grenoble, Marseille, Annemasse, Lyon et Paris. Ils ont parcouru des centaines de kilomètres pour une seule raison: voir leurs stars, les joueurs de la sélection nationale d'Algérie.
«C'est un événement unique dans notre vie, on ne les verra peut-être plus jamais. Merci la Suisse», explique Djamel qui a fait le trajet d'Annemasse avec des amis. «C'est une grande fête nationale, on se réjouit tellement de voir les joueurs. Toute la famille est du voyage», s'enthousiasme un supporter résidant à Lausanne.

Tous derrière les Fennecs

«On a essayé d'entrer dans leur hôtel mais sans succès. On espère les voir de près et les toucher. Nous sommes là pour leur souhaiter bonne chance pour le Mondial», relève quant à lui le Grenoblois Foued. Un peu plus loin, seul fan à ne pas aborder les couleurs vertes et blanches de l'Algérie, Cheffi guette l'arrivée des joueurs avec impatience: «J'habite Vissigen, juste à côté. Je suis Tunisien mais je soutiens l'Algérie. Comme c'est la seule équipe arabe qualifiée pour la Coupe du monde, tout le Maghreb est derrière les Fennecs!»

Moment de flottement

17 h 30. Les joueurs ont une demi-heure de retard. Dans le stade, des supporters ont envahi la tribune principale pour voir leurs idoles de plus près.
A l'extérieur, les gens se pressent devant l'entrée des vestiaires. Journalistes, personnel de l'ambassade, supporters, policiers et membres du staff se mêlent dans le désordre. La tension monte. Certains fans accusent le personnel diplomatique d'avoir des passe-droits et de pouvoir faire entrer des connaissances. «C'est un scandale, j'ai fait 1300 kilomètres pour voir les joueurs, j'ai autant le droit de les approcher que vous», hurle un supporter excédé. Des insultes fusent mais la police parvient à calmer tout ce petit monde.

Faux journalistes, vrais supporters

Après avoir montré patte blanche, les journalistes peuvent accéder au terrain. Derrière la porte, un homme gît au bord de l'inconscience, la main ensanglantée. Son ami raconte: «Il a voulu escalader un grillage et il s'est planté la main sur la grille». L'infortuné sera évacué en ambulance.
Au bord de la pelouse, le chaos règne. Apparemment des supporters lambda ont réussi à se faire passer pour des journalistes. Confirmation immédiate: «Monsieur, je vous achète votre carte de presse comme ça je peux aller voir les joueurs à l'hôtel», quémande un fan avant de se faire évacuer. Un autre s'improvise responsable de la sécurité et il invective ses confrères. Le ton monte. Sur le terrain, des hommes en costard sont suspendus à leur téléphone portable. Personne ne semble savoir où se trouvent les joueurs.
En attendant, certains se prennent en photo avec des personnalités présentes en tribune: l'acteur vedette Hamid Acouri, des industriels et des présentateurs de télévision célèbres. Finalement, après moult palabres et informations données au mégaphone en français et en arabe, les supporters regagnent les gradins.

Le spectacle commence

Mégaphone à la main, Christian Varone, commandant de la police cantonale, rappelle aux supporters les ultimes instructions lorsque les joueurs pénètrent sur la pelouse dans un brouhaha infernal.
Drapeaux, fumigènes, chants guerriers, «youyous», difficile de croire qu'il ne s'agit en fait que d'un entraînement. Chaque but est salué par un concert d'applaudissements, lorsque les joueurs s'approchent des gradins, c'est l'ovation. «One, two, three, viva l'Algérie» résonne dans les travées de Tourbillon, rapidement suivi par le nom de chaque joueur scandé à l'unisson.

Sortie dans le calme

Après une heure et demie d'entraînement, les Fennecs regagnent le vestiaire. Dehors, les supporters verts et blancs se pressent près de l'entrée. Les nombreux policiers appelés en renfort (voir ci-contre) contiennent la foule. Ultimes applaudissements, ovations et crépitements d'appareils photo lorsque les joueurs montent dans leur car avant de s'en aller au calme, en direction de Montana. En pleurs, un supporter assiste à la scène. Un autre vient pour le consoler avant de comprendre qu'il ne pleure pas de tristesse mais de joie. Dans sa main, il tient fermement un gant que le gardien d'Algérie a lancé dans le public. In Le Nouvelliste