jeudi 17 juin 2010

Lacen, un miraculé face aux Anglais

Inespéré. Cet adjectif revient souvent dans la bouche de Mehdi Lacen quand il évoque son parcours. Demain, face à l’Angleterre et sa kyrielle de stars, le milieu de terrain de l’Algérie va disputer son deuxième match de Coupe du monde. Et, pour lui, le fait d’être titulaire représente vraiment quelque chose de miraculeux. Il y a sept ans, le Versaillais de naissance (il est désormais sous contrat avec Santander, en  espagnole) était à deux doigts de renoncer à une carrière professionnelle.


Un footballeur sans club
Footballeur chômeur, il pointait à l’ANPE et suivait les stages de l’Union nationale des footballeurs professionnels, réservés aux joueurs sans club. « J’avais 19 ans et Laval ne m’avait ni conservé ni proposé de contrat pro. Les seuls contacts que j’avais émanaient de CFA 2. Ils me proposaient 800 €par mois et un  chez Décathlon, en plus d’entraîner des jeunes. Sans un essai concluant à Valence (National), je serais rentré sur  pour reprendre mes études et jouer en CFA. »
Des circonstances heureuses font qu’à la même époque Dimitri Piterman, le président d’Alavès (Espagne), prospecte pour racheter un club français. Il lorgne Valence et vient souvent dans la Drôme, où le jeune Lacen lui tape dans l’oeil. Quand Valence dépose le bilan deux saisons plus tard, Lacen s’engage avec le club basque, promu en L 1 espagnole. « Le choix n’était pas difficile, Alavès me donnait le quadruple de ce que je touchais en France, se souvient celui qui a poussé Mansouri sur le banc algérien. Je pensais évoluer en réserve et, au final, j’ai fait vingt matchs en Liga face à Barcelone, Villarreal… » Trois saisons plus tard, le club relégué en D 2 est en banqueroute. La galère… encore une fois. Et encore une fois, Lacen rebondit à Santander. « C’était inespéré, l’équipe venait de terminer 6e et s’était qualifiée pour la Ligue Europa. Grâce à ça, j’ai pu jouer au Parc des Princes contre le PSG (NDLR : saison 2008-2009) , dans le stade qui m’avait fait rêver gamin. » L’équipe d’Algérie n’est qu’une autre opportunité qu’il a su saisir. Les premiers contacts remontaient à 2005. Le temps d’établir les papiers pour la double nationalité, Lacen n’a fêté sa première sélection qu’en mars face à la Serbie. « Quand j’échange avec des amis comme Peter Luccin, ils me disent que j’ai une chance incroyable de disputer ce Mondial. Je ne m’en rends pas compte. J’ai l’impression de vivre ça de loin. » Demain, les Anglais Rooney et Gerrard seront pourtant tout près. Le Parisien