vendredi 15 octobre 2010

Mustapha Dahleb, 1 ère Idole du PSG

Un international algérien ayant enflammé le Parc pendant 10 ans pourtant. La première vraie Star ayant porté les couleurs parisiennes assez longtemps pour marquer le club et permettre son épanouissement parmi l’élite : Mustapha Dahleb.

Quand un restaurateur fait mieux leur travail que certains recruteurs…

Formé au CS Sedan-Ardennes, puis passé par le CR Belouizdad, en Algérie, de 1971 à 1973, le jeune Mustapha Dahleb attire l’attention lors de la saison 1973-1974 avec son club formateur. Il est alors repéré par les dirigeants parisiens, qui recherchent un attaquant pour jouer aux côtés du congolais M’Pelé. Mais alors que de nos jours, certains recruteurs professionnels et anciens joueurs font venir des Everton Santos au club, la personne qui a recommandé Dahleb à l’époque au président Hechter n’est autre qu’un ami à lui, Edgar Saada. Et qui est ce M. Saada ? Le patron d’un restaurant à la mode, « Chez Edgard », mais aussi un passionné de football.

L’autre « détail » intéressant dans cette histoire, c’est la volonté marquée par les dirigeants parisiens de l’époque d’attirer du monde au stade en produisant du spectacle sur le terrain. En effet, en 1974, Hechter a eu une idée révolutionnaire dans l’histoire du football (on peut avoir cette vision des choses en observant les évènements de l’époque avec le prisme des péripéties actuelles) : Faire venir des grands joueurs pour faire venir le public au Parc des Princes et le faire rêver. Une rumeur affirme qu’il aurait également pensé à attirer le public avec une mascotte représentant un lynx, des stands de maquillage et un babyfoot, mais nous, on n’y croit pas. D’ailleurs, sérieusement, qui pourrait bien penser à un truc pareil ? Fin de la parenthèse.

Dahleb a le profil idéal : il dribble, marque, passe, … un vrai joueur de foot quoi. Alors qu’Amsterdam se montre très intéressé, Hechter fait de l’Algérien sa priorité, et propose 1,35 million de francs, un record à l’époque, à Sedan. Au fait, au passage, le record en France, on l’a toujours hein ! Anelka, 215 millions de francs (environ 33 millions d’€), non non, vous ne rêvez pas… Et Dahleb, 20 ans à l’époque, négocie lui-même son contrat, avec caractère, ce qui plaît au Président du PSG. Les deux hommes tombent d’accord, « Mouss » intègre l’effectif du Paris Saint Germain.

A peine arrivé, déjà indispensable

Malgré la somme record pour son transfert et sa belle saison avec Sedan où il aura inscrit 17 buts, Dahleb arrive au PSG dans la plus grande discrétion. Si tout le monde voyait en lui un joueur talentueux, nul ne se doutait alors que le natif de Bejaia allait devenir un des grands noms du Paris Saint-Germain et du championnat de France. Ses débuts sont tonitruants puisqu’il marque la bagatelle de 57 buts lors de ses trois premières saisons au PSG sous les ordres de Just Fontaine puis de Velibor Vasovic ! C’est d’ailleurs ce dernier qui va jouer un rôle important dans la carrière de Mustapha puisqu’il le repositionnera au poste de meneur de jeu, alors qu’il occupait le poste d’ailier gauche jusque là, et qui en fera le capitaine de l’équipe. Ses performances lui vaudront le titre de meilleur joueur de D1 deux années de suite en 76-77 et 77-78 et celui de meilleur buteur du championnat en 76-77 avec 22 buts inscrits.

Mais ses performances lui vaudront aussi les convoitises de la part des plus grands clubs d’Europe de l’époque comme le FC Barcelone ou le Real Madrid. Malgré des propositions financières bien supérieures à celles qu’il recevait au PSG, Dahleb déclinera à chaque fois les offres. Motif ? « J’ai choisi de rester fidèle à Paris car j’aime cette ville ». Des déclarations inimaginables de nos jours, même pour un spécialiste comme Greg Coupet qui pour le coup ne l’aurait sans doute pas arrêté, la convoitise du Barca ou du Real…

Une fidélité finalement récompensée

Mais cette fidélité au Paris Saint-Germain ne sera pas sans conséquences sur sa carrière et il ne recevra que tardivement la reconnaissance du monde du ballon rond au niveau international. Tout d’abord car il souffrira de plusieurs blessures notamment au ménisque qui lui vaudront deux opérations. Et surtout parce que le PSG de Hechter puis Borelli est à l’époque un club encore jeune qui manque de moyens et qui a un palmarès encore vierge.

Mais grâce à sa classe sur le terrain, sa technique hors pair et son altruisme, il participera grandement au développement du club à la fin des années 70 aux côtés de Bianchi, M’Pelé ou Dogliani et sa fidélité sera récompensée puisqu’il permettra au PSG de remporter ses deux premiers trophées en remportant la Coupe de France en 1982 et 83 avec l’aide d’autres grands noms comme Susic, Rocheteau, Fernandez ou Surjak. L’année 1982 sera définitivement celle de la consécration pour Mustapha Dahleb alors âgé de 30 ans, avec sa participation à la Coupe du Monde en Espagne avec l’Algérie où il réalisera aux côtés de Madjer l’exploit de battre l’Allemagne dans un match qui reste à ce jour, le plus grand exploit du football algérien. Cela lui vaudra d’ailleurs de recevoir le Fennec du Siècle en 2001 récompensant le meilleur joueur algérien de tous les temps.

Ne pas oublier celui qui sorti le PSG de l’anonymat

Après dix années de bons et loyaux services au Paris Saint-Germain, il quittera le club en 84 pour réaliser une dernière saison à Nice avant de prendre sa retraite footballistique. Aujourd’hui retiré loin du milieu du football, il participe en tant que conseiller auprès des gouvernements et ONG à des projets humanitaires sur le continent africain, notamment au niveau de la santé. Son altruisme ne s’est donc pas arrêté en même temps que sa carrière de footballeur… Il sera d’ailleurs fait en 2003 Chevalier de la Légion d’Honneur.

Avec ses 309 matchs et 98 buts sous le maillot parisien, il est aujourd’hui le troisième meilleur buteur du club derrière Pauleta et Rocheteau. Mais surtout il est ce qu’on pourra appeler la première grande « star » du PSG, le premier de la lignée des grands numéros 10 du PSG à la technique hors norme avec les Susic ou Rai. Plus encore, il est celui qui par sa fidélité au club aura permis à ce dernier de sortir de l’anonymat en franchissant un à un les paliers et devenant par la suite, un des principaux clubs français. Et cela, il ne faudra jamais l’oublier… All PSG