lundi 23 mars 2015

Industrie mécanique et automobile : Les projets émergent chez les concessionnaires

L e Salon de l’automobile d’Alger est aussi une occasion de lever le voile, non seulement sur les nouveautés de chacun des distributeurs, mais aussi sur les premiers projets industriels, conformément à la nouvelle réglementation encadrant le métier de concessionnaire.



A peine publiée dans le Journal Officiel, bien que la loi de finances 2014 ait déjà donné un avant-goût des nouvelles conditions d’exercice du métier de concessionnaire, la nouvelle réglementation donne lieu aux premiers projets liés à l’industrie mécanique et automobile. Certains concessionnaires en parlent déjà. Il y en a qui se sont même engagés à traduire, au sein de leurs business plans respectifs, les mesures comprises dans le nouveau décret encadrant l’activité du concessionnaire.


Mourad Oulmi, directeur général du groupe Sovac, affirme n’avoir pas attendu la réglementation pour nourrir de nouvelles ambitions en matière d’investissement. M. Oulmi a annoncé à El Watan avoir commencé à travailler sur un projet industriel, reflètant l’engagement de son groupe à traduire sur le terrain les desiderata du gouvernement à orienter une partie du métier du concessionnaire vers la production.


Sovac s’est déjà doté de deux plans, A et B, à même de répondre à une des deux orientations possibles du prochain cahier des charges. Il y aurait, d’après Mourad Oulmi, soit un investissement dans la fabrication de la pièce de rechange et une orientation vers l’exportation, soit un investissement dans le montage sous la forme SKD.


Il espère que le gouvernail sera orienté vers la première option, la mieux appropriée, d’après lui.

De son côté, Omar Rebrab, directeur général du pôle automotive du groupe Cevital, certifie que l’entreprise a d’ores et déjà mis le turbo afin d’être au rendez-vous prévu par la nouvelle réglementation. Le groupe Cevital est même très à l’aise quant aux délais impartis, puisque, dans trois mois, il lancera une nouvelle unité de fabrication de vitrerie automobile, dont la production sera destinée au marché national et à l’exportation.


Des projets déjà en cours




Ainsi, pour le groupe d’Issad Rebrab, l’opération sera guidée par un enjeu hautement stratégique : celui de satisfaire à la fois les besoins du marché national et ses ambitions à l’international. Le groupe Cevital, qui va également se lancer dans la fabrication de la tôlerie auto dans son usine sidérurgique acquise dernièrement en Italie, est en cours de négociations avec trois marques européenne, sud-coréenne et chinoise, pour implanter des usines de montage et, éventuellement, de construction de bus et de camions en Algérie. L’intérêt est donc multiple.


Le groupe Elsecom, dirigé par Abderrahmane Achaïbou, lui, défend l’idée de favoriser plutôt l’investissement dans la superstructure pour véhicules lourds et utilitaires, dont le montage se fera aussi en Algérie sur des châssis non équipés importés. Pour étayer sa réflexion, M. Achaïbou estime que les superstructures pèsent pour 15 à 20% du coût global du véhicule et c’est ainsi que l’Etat pourrait, à l’avenir, faire baisser de 300 à 400 millions de dollars la facture des importations de véhicules lourds et utilitaires.

Une idée toute aussi intéressante pour le groupe Ival qui a annoncé avoir avancé à pas de géant dans le montage d’un projet industriel de grande envergure.


Lequel projet sera concrétisé avant la fin de l’année en cours, d’après le PDG d’Ival, Mohamed Baïri. Concrètement, le projet industriel d’Ival, fruit d’un partenariat avec deux carrossiers étrangers, italien et espagnol, porte sur la mise en place d’une plateforme de carrosserie et la fabrication d’une multitude de produits et équipements intégrés dans les véhicules utilitaires (benne, plateau, cellule frigo, etc.).


Ainsi, pour le gouvernement qui veut renverser la tendance du marché de l’automobile en mettant la pression sur les concessionnaires, certains de ces derniers se sont d’ores et déjà mis aux travaux pratiques en orientant une partie de leurs lignes de métier vers la fabrication.