mercredi 29 avril 2015

«Le marché de l’automobile restera longtemps dépendant de l’importation»

- Le Salon que vous organisez enregistre cette année une baisse de fréquentation. A quoi cela est-il dû, à votre avis ?

Il y a juste un peu moins de participants. L’édition de cette année est venue juste après la promulgation de la nouvelle loi, du nouveau cahier des charges qui régit l’activité des concessionnaires et fixe les nouvelles conditions d’importation de véhicules. Les importateurs n’ont pas de produits disponibles à faire valoir car ne sachant pas sur quoi va aboutir cette nouvelle réglementation.

Il y a une hésitation. Cela concerne particulièrement les véhicules lourds, d’où une petite diminution des espaces d’exposition. Ce sont principalement certaines marques chinoises qui manquent à l’appel. Par contre, pour ce qui est des grandes marques, nous avons pratiquement tout le monde ou presque. Je dirais donc que le Salon a diminué en termes d’espace mais il a, à coup sûr, évolué en ce qui concerne la qualité. Nous avons une quarantaine de marques participantes et une diversité des produits exposés.

Pratiquement tous les segments des véhicules utilitaires et industriels ainsi que les matériels de travaux publics sont représentés, du minitruck au grand tracteur routier en passant par les pickup, les  fourgons et autres petits camions de 5 tonnes. Pratiquement tous les types de véhicules de transport sont exposés Nous avons également avec nous une institution de financement et de leasing, mais aussi des participants dans les domaines du consommable automobile (batteries, lubrifiants, pièces de rechange d’origine, etc.) et de l’équipement de garage.

- Au-delà de ce constat, qu’est-ce qui caractérise cette édition ?

De façon générale, il y a des remises intéressantes et de nouveaux produits sont lancés. Il y a quelques nouveautés, comme chez Scania ou chez Hinault qui a renouvelé toute sa gamme. L’année passée, Daf faisait uniquement du tracteur routier, mais cette année ils ont ramené un très gros porteur sur lequel on peut mettre ce qu’on veut.

- Le produit national que vous avez évoqué à maintes reprises est-il réellement bien représenté ici ?

Nous avons des aménageurs de véhicules utilitaires, mais aussi des fabricants de batteries que nous avons découverts cette année et qui sont relativement nombreux et surtout très performants, à l’image de cette usine de Ghardaïa qui a fini par ouvrir une succursale à Aïn Defla pour satisfaire sa demande. Le mot sous-traitance dans le domaine automobile revient souvent ces derniers temps mais nous sommes encore loin du compte.

Si l’usine Renault de Oued Tlelat n’intègre pas la batterie algérienne dans ses véhicules,  c’est qu’il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond. De façon générale, on peut dire que le secteur de l’automobile, particulièrement celui des véhicules utilitaires et industriels, restera pour longtemps fortement dépendant de l’importation.

- L’hésitation des concessionnaires aura-t-elle un impact sur ce Salon que vous avez initié depuis maintenant près d’une décennie ?

Cela nous inquiète un peu, mais nous ne sommes que des organisateurs, c’est-à-dire que nous soucis sont moindres comparés aux professionnels du domaine. Au vu du contenu du nouveau cahier des charges qui régit la profession d’importation et de distribution (grossistes et détaillants) on ne peut qu’être satisfait car cela clarifie les prérogatives de chacun, détermine la traçabilité des produits et exige le respect des normes de construction (caractéristiques techniques de chaque catégorie), notamment celles relatives à la sécurité.

Quand on parle de «limitateur de vitesse» sur un bus, on ne peut qu’applaudir car nous voyons ce qui se passe sur nos routes. Il faudrait que les gens s’adaptent aux exigences de cette réglementation. Seulement, si à la source, le fabricant de chez qui on importe ne dispose pas de lignes de production en série qui lui permettent de répondre à certaines des normes exigées, cela va poser problème. C’est le cas des quatre airbags exigés à l’entrée de gamme et que certains ne pourront pas satisfaire. De ce fait, certaines marques vont à mon avis disparaître du marché algérien. Mais ce sera au bénéfice du consommateur algérien.