mardi 8 décembre 2015

Une édition sur fond de crise

Le Salon de l’automobile (Autowest 2015) ouvre ses portes demain et se tiendra jusqu’au 19 décembre au Centre des conventions d’Oran (CCO) après des doutes sur son organisation.

Avec, en fond, les difficultés dans le secteur : crise et/ou blocages des importations de véhicules neufs, indisponibilité de nouveaux modèles, crise financière, baisse vertigineuse des ventes, absence de commandes…

Du coup, si pour les organisateurs de ce grand événement après le Salon de l’automobile d’Alger, «la plupart des marques commercialisées en Algérie ont confirmé leur participation à ce rendez-vous annuel économique», il n’est pas sans minimiser le poids de certaines concessions qui ont annoncé le boycott de cette édition.

Des défections sont en effet signalées du côté des représentants des marques qui ont annoncé depuis plusieurs jours déjà leur absence à ce Salon. Parmi les absents, le groupe Sovac avec ses cinq marques (Volkswagen, Audi, Skoda, Seat et Porsche), Toyota, Mercedes et Diamal (Opel et Chevrolet) qui ont annoncé le boycott de ce Salon en raison de l’indisponibilité de véhicules à exposer. Mais également le groupe Elsecom, qui commercialise sept marques en Algérie. Seule la marque Kia que commercialise le même groupe y prendra part.

Les marques qui seront présentes seront, entre autres, Renault, Peugeot, Citroën, Dacia, Kia, Hyundai, Mitsubishi, Fiat, Ssangyong. Les marques chinoises, telles que Foton, Faw, Changan, Haima, DFM, Fuso, Lifan, JAC, JMC, Chana, DFSK, Helly seront aussi présentes. Le bocage que connaît l’importation de véhicules depuis le printemps dernier, qui a engendré une rupture des stocks et l’indisponibilité de nouveaux modèles chez la plupart des représentants des marques en Algérie, a contraint certains concessionnaires à faire l’impasse sur la prochaine édition du Salon d’Oran.

Dans les faits, il est vrai que cette situation résulte du désir du gouvernement à réduire la facture des importations. Le ministère des l’Industrie et des Mines compte d’ailleurs imposer dès le mois prochain des licences d’importation de véhicules et les limiter à 400 000 unités/an. Un projet qui a été révélé pour la première fois par Amara Benyounès, à l’époque où il était ministre du Commerce, pour «assainir» la filière de l’importation des véhicules afin de mettre fin aux surfacturations et au transfert illicite des bénéfices.

Mais, outre celle-ci, le gouvernement a déjà introduit depuis le mois d’avril dernier un nouveau cahier des charges qui régit l’activité d’importation et de commercialisation des véhicules neufs. Ce qui a fait reculer en grande partie l’importation des véhicules neufs. 554 263 véhicules ont été importés en 2013 dans le pays pour un montant de 7,33 milliards de dollars.

L’an dernier, ce sont 439 637 unités qui ont été importées, soit un recul de 20% sur un an, pour un montant de 6,34 milliards de dollars. Pour 2015, selon les derniers chiffres du Centre national de l’informatique et des statistiques (CNIS) des Douanes, la facture des importations de véhicules a baissé de 2,86 milliards de dollars durant les dix premiers mois, contre 4,4 à la même période de 2014, soit une baisse de 35,3%. De janvier à fin octobre, le nombre de véhicules importés a été de 240  901 unités contre 339 771 sur la même période de 2014, soit un recul de 29,1%, selon le CNIS.

Si le recul des importations de véhicules a été plus fort durant les mois d’août et septembre, ce sont pour la plupart les marques européennes, notamment françaises et allemandes, qui ont le plus souffert. C’est dire qu’il n’est pas à écarter que la 15e édition du Salon d’Oran sera marquée par l’absence de beaucoup de nouveautés, déjà disponibles sur beaucoup d’autres marchés.

Bien sûr, les présents s’y forceront de faire oublier leurs difficultés. Les concessionnaires vont certainement jouer des coudes pour tenter de booster leurs ventes, qui ont, pour certains, subi une véritable hémorragie. Et pour d’autres — ils sont très minimes ceux-là —, ils vont tenter aussi d’imposer leurs nouveautés. Au final, contrairement aux années précédentes, cette édition s’annonce donc morose. Désormais, une page est en train de se tourner dans le secteur de l’automobile, après les multiples mesures décidées tout le long de l’année 2015 par le gouvernement.