vendredi 28 avril 2017

Plusieurs clubs en cessation de payement, le professionnalisme en danger

Plusieurs clubs de l'élite algérienne de  football sont en situation de cessation de paiement de leurs joueurs,  conduisant ces derniers à entreprendre des mouvements de protestations sans  pour autant qu'ils ne soient rétablis dans leurs droits en raison de la  crise financière aigue dans laquelle se débattent les sociétés sportives  par actions (SSPA) de la quasi-totalité des équipes professionnelles.

Les joueurs du CR Belouizdad n'ont pas trouvé mieux que de rédiger une  lettre destinée aux supporters de leur équipe pour les mettre au courant de  leur situation financière délicate, au moment où le club s'apprête à  recevoir l'USM Bel Abbès dans le cadre des demi-finales de la Coupe  d'Algérie. Une compétition sur laquelle tout le monde à Belouizdad mise énormément pour renouer avec la consécration après 8 années de disette (le dernier titre du CRB remonte à 2009).

L'entraineur du ''Chabab'', Badou Zaki, commence à son tour à montrer des  signes d'inquiétudes en raison du retard accusé par ses dirigeants dans la régularisation de la situation financière des joueurs. "Si cela perdure, on risque de rater notre principal objectif de la saison, à savoir la Coupe d'Algérie, car il est difficile pour les joueurs de se concentrer sur leur travail alors qu'ils ne sont pas payés depuis plusieurs mois", prévient l'ex-sélectionneur des Lions de l'Atlas.  

Même les équipes du podium touchées             

L'état des lieux est pratiquement le même chez la grande majorité des  autres pensionnaires de la Ligue 1, aussi bien ceux jouant les premiers rôles ou luttant pour leur maintien.

A titre d'exemple, le leader, l'ES Sétif, en passe de récupérer son  trophée de champion qu'il avait perdu la saison passée au profit de l'USMA,  trouve des difficultés énormes pour honorer ses engagements envers ses joueurs. Ces derniers, non payés depuis plusieurs mois, ne ratent aucune  occasion pour interpeller le président du club, Hassen Hamar, sur leur cas.

L'aspect financier fut d'ailleurs l'une des causes ayant précipité le  départ de l'entraineur, Abdelkader Amrani, en fin de la phase aller. La  situation de l'Entente aurait pu être rendue encore compliquée si cette  formation, habituée ces dernières années à disputer des compétitions  africaines, était engagée en Ligue des Champions ou en Coupe de la Confédération, au vu des dépenses énormes qui en résultent.

Le MC Alger, deuxième en championnat et qualifié à la phase de poules de  la Coupe de la Confédération, et bien qu'il soit propriété de la grande  firme pétrolière Sonatrach, n'a pas payé ses joueurs depuis janvier dernier.

Même situation ou presque à l'USM Bel Abbès (3e) et beaucoup d'autres clubs, dont certains d'entre eux payent cash le manque du nerf de la guerre, à l'image du MO Béjaia et du CA Batna, qui ont déjà mis un pied en Ligue 2, alors que l'USM El Harrach, dont les joueurs se sont illustrés cette saison par des grèves à répétition pour réclamer leur dû, n'a pas encore assuré son maintien.

Le football n'attire plus les sponsors                                                    

La situation économique difficile que traverse le pays depuis quelques années, a rendu encore délicate la mission des responsables des clubs de trouver des sponsors parmi les opérateurs économiques publics et privés. Même ceux ayant consenti à investir dans le football ont décidé de revoir à la baisse leurs contributions financières.

Dans la foulée, le nouveau président de la Fédération algérienne de football (FAF), Kheireddine Zetchi, appelle au ''fairplay financier", en envisageant de réactiver la direction nationale de contrôle et de gestion (DNCG), organe censé accompagner les clubs professionnels et les aider pour  rééquilibrer leurs budgets. 

Le prochain mercato estival sera sans doute révélateur du degré de la prise de conscience des présidents des clubs quant au danger qui les guette, eux qui sont habitués plutôt à recruter tous azimut sans tenir compte des capacités réelles de leur trésorerie non sans contribuer à leur manière dans la faillite de leurs SSPA créées en 2010 avec l'entrée en vigueur du professionnalisme en Algérie.

APS

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