lundi 9 avril 2018

Fédération japonaise de football : Vahid Halilhodzic limogé à deux mois du Mondial russe

La Fédération japonaise de football (JFA) a annoncé, lundi, avoir limogé le sélectionneur national, le Franco-Bosnien Vahid Halilhodzic de son poste, après un mandat tumultueux, à seulement deux mois du Mondial-2018 en Russie.

"Nous avons pensé que le nouveau sélectionneur devait être issu de la Fédération, étant donné qu'il ne nous reste plus que deux mois avant le Mondial" en Russie, a déclaré le président de la JFA Kozo Tashima, annonçant, son remplacement par le Japonais Akira Nishino, un entraîneur expérimenté en championnat (J-League). 

Le président de la JFA a salué Halilhodzic qu'il a qualifié de sélectionneur "très sérieux et passionné, qui adore le football plus que quiconque".

Nommé en mars 2015, Vahid Halilhodzic "a composé l'équipe en un laps de temps très court" et a mené les "Samouraïs bleus" vers la qualification pour leur sixième Coupe du monde d'affilée", ajouté Tashima, affirmant néanmoins que " la communication et la confiance avec les joueurs s'est trouvée ébranlée, surtout après les derniers résultats, en matchs de préparation, qui ont été décevants (nul 1-1 contre le Mali, défaite 1-2 face à l'Ukraine). 

"Coach Vahid" avait alors été étrillé par les médias: "Pas de progrès, pas d'espoirs, nombreuses inquiétudes pour la Coupe du Monde", avait titré Sports Nippon.

Depuis son arrivée au Japon, son mandat n'avait pas été de tout repos, émaillé de conflits avec la Fédération.

Lundi, avant l'officialisation de la nouvelle, le quotidien Nikkan Sports avait fait état "d'un sentiment grandissant de crise face aux performances de l'équipe qui n'a pas montré de signes de progrès à moins de 70 jours de la Coupe du monde", organisée du 14 juin au 15 juillet en Russie. Un autre journal sportif avait évoqué "un manque d'unité" entre les joueurs et lui.

Son successeur Akira Nishino, 63 ans, actuel directeur technique de la JFA, est un ancien milieu de terrain international. Il a entraîné plusieurs clubs de J-League, dont Gamba Osaka avec lequel il a remporté le titre national, ainsi que l'équipe olympique à Atlanta en 1996.

Il lui reste peu de temps pour redonner confiance aux joueurs japonais, qui n'ont jamais semblé convaincus par Halilhodzic, souvent décrit comme autoritaire. Il avait pourtant conduit en 2014 l'Algérie à une qualification historique pour les huitièmes de finale du Mondial.

"Beaucoup de personnes m'ont critiqué malgré le fait que le Japon était en tête de son groupe. Si ça n'avait pas été le cas j'aurais évidemment accepté (ces critiques), mais beaucoup étaient des critiques gratuites", avait regretté début septembre l'ex-entraîneur du Paris SG (2003-2005). "A ceux qui m'ont attaqué, je leur dis: dommage, mais je vais juste continuer mon travail", avait-il lancé après avoir, la veille, laissé entendre qu'il pensait quitter son poste "pour des raisons personnelles".

Après la qualification du Japon au Mondial russe, le technicien bosniaque avait souhaité encore aider le Japon à "faire quelque chose de remarquable" en Russie. "Je n'oublierai jamais l'accueil qu'on a eu après la Coupe du monde à Alger (il était sélectionneur de l'Algérie) J'espère qu'on va refaire la même chose avec le Japon", avait-il indiqué.

Vahid Halilhodzic avait connu pareille mésaventure en 2010 alors qu'il était sélectionneur de la Côte d'Ivoire: il avait été débarqué sans ménagement, à quelques mois du Mondial en Afrique du Sud, après une Coupe d'Afrique des nations ratée la même année.

Le Japon a hérité d'un groupe difficile au Mondial-2018: face à la Colombie, au Sénégal et à la Pologne, il lui faudra accomplir un exploit pour se hisser en huitièmes de finale, performance qu'il a réussie à deux reprises dans son histoire, en 2002 et 2010. APS

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